L’UQAM brille à Mérida

Des experts du monde entier se sont donné rendez-vous au Mexique, en décembre dernier, pour discuter «écosanté». Une discipline dans laquelle l’UQAM fait figure de pionnière.

Tous ceux qui s’intéressent à la recherche à l’UQAM connaissent les travaux de Donna Mergler, professeure émérite au Département des sciences biologiques et cofondatrice du Centre de recherche interdisciplinaire sur la biologie, la santé et l’environnement (CINBIOSE). Avec Marc Lucotte et d’autres collègues, la neurophysiologiste a montré l’impact délétère du mercure sur les poissons du Rio Tapajos, au Brésil, et sur la santé neurologique de ceux qui les consomment.

lisez l’article complet dans l’édition du 12 janvier 2009 du Journal de l’Université du Québec à Montréal
www.wfsj.org/files/file/blogs/ecohealth/forget/uqam090115.pdf ]

Deux coups de cœur

Les problèmes de santé et d’environnement semblent parfois insurmontables. Heureusement qu’il y a des histoires à succès pour alimenter l’espoir.

Dans la région de Tikamdadh, en Inde, Raghwesh Ranjan et Vijaya Lakshmi, de l’ONG Development Alternatives, se sont attaqués aux problèmes liés à l’industrie du concassage de la pierre, dont le produit sert à la construction des autoroutes. Ces usines à ciel ouvert dégagent des nuages de poussière qui inondent les paysages. La poussière retombe sur les terres agricoles et mine les récoltes. Elles s’infiltrent dans les poumons des travailleurs et des habitants de la région.

«Récupérer la poussière dans des mines à ciel ouvert est loin d’être évident», m’a expliqué Raghwesh Ranjan. Qu’à cela ne tienne. Son équipe a remué ciel et terre pour trouver une solution et convaincre les autorités de l’urgence d’agir. Elle est aujourd’hui en voie d’installer des systèmes d’aspiration en des points stratégiques des mines, couplés à des cyclones qui pourront séparer la poussière fine de l’air ambiant.

La cerise sur le gâteau : la poussière récupérée servira à la production de matériaux de construction.

Mon autre coup de cœur du jour a pour toile de fond l’Afrique du Sud, où l’Apartheid a laissé des cicatrices qui peinent à guérir. Les populations noires ont largement migré vers les villes depuis le début des années 1990. À Msunduzi, dans la province du KwaZulu-Natal, les taudis et zones insalubres ne cessent de s’étendre. Il y a un peu moins de dix ans, l’État a entrepris de construire des maisons à vocation sociale pour déménager ces populations.

Les maisons ? Une chambre, une aire de cuisine, une salle de toilette. Une seule fenêtre. Pas plus. «Dans la grande majorité des cas, les toilettes ne fonctionnent pas à cause de la géologie du terrain», ajoute Trevor Hill, professeur à l’université du KwaZulu-Natal. «Les familles ont converti cette pièce en salle de rangement.»

Trevor Hill a entrepris d’évaluer l’état de santé — diabète, maladies cardiovasculaires, maladies infectieuses, brûlures, malnutrition… la totale — des individus vivant dans ces maisons. Il a comparé les données à celles prélevées auprès des familles vivant dans les taudis. La différence entre les deux groupes ? Aucune ! «Les conditions de vie dans les nouvelles maisons sont pitoyables, dit Trevor Hill. Par exemple, il n’y a aucune ventilation alors que les familles cuisinent à feu ouvert, au kérosène.»

Madeleine Jackson-Plaatjies, employée de la Ville de Msunduzi, appelle ces maisons les «boîtes d’allumettes». «Elles diminuent la qualité de vie plutôt que l’améliorer. En plus, elles sont construites en périphérie de la ville alors que les habitants veulent être près du centre pour trouver du travail.»

Le gouvernement sud-africain a récemment signé l’arrêt de mort de ces «boîtes d’allumettes». Les prochaines maisons à vocation sociale seront plus grandes et plus espacées. «Avec le genre de données qu’on a récoltées, ça met une certaine pression», souligne Trevor Hill.

«La plupart des chercheurs qui visitent les communautés viennent récolter leurs données et repartent, ajoute Madeleine Jackson-Plaatjies. L’équipe de Trevor est restée. Jusqu’à ce qu’on arrive à changer les politiques.»

De Oulan-Bator à Merida

Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de faire une entrevue avec une chercheuse mongolienne lorsqu’on travaille comme journaliste scientifique au Québec. Dans mon cas, c’était même la première fois. Je ne suis pas tombée sur n’import qui ! La chercheuse que j’ai rencontrée est l’une des plus renommées de la Mongolie.

Oyuntogos Lkhasuren participe ces jours-ci au Forum international Écosanté, qui se tient à Merida, au Mexique. Près de 700 participants des quatre coins du monde sont réunis pour discuter des liens inextricables qui sous-tendent les problèmes environnementaux et de santé, et pour explorer des pistes de solutions. Des experts du Mexique bien sûr, mais aussi du Brésil, de l’Équateur, d’Afrique du Sud, d’Inde, du Canada… et Oyuntogos.

À Oulan-Bator, capitale de la Mongolie, cette femme en apparence toute délicate, a entrepris une révolution monstre. Grâce au poids de ses recherches, elle a convaincu les propriétaires des tanneries, installées en périphérie de la ville, de traiter les eaux usées de leurs installations.

«Les effluents contenaient de fortes concentrations de chrome, entre autres. Plusieurs se déversent dans des cours d’eau utilisés pour la baignade. Ces plans d’eau servent aussi, dans certains cas, à abreuver le bétail.» Les effluents contaminés mettaient aussi en péril le système de filtration biologique de la station d’épuration de la ville.

En Mongolie, les tanneries jouent un rôle indispensable, là où l’emploi se fait rare. «Les propriétaires m’ont très mal accueillie au début», admet Oyuntogos. Elle a tenu son bout du bâton. Le traitement des effluents aqueux a maintenant force de loi.

Oyuntogos n’allait pas s’arrêter sur une si belle lancée. Elle a travaillé en collaboration avec les représentants des ministères du travail, de la santé et de l’environnement (il existe parfois une seule ressource par ministère en ce pays de 2,6 millions d’habitants). Elle a réussi à faire hausser le montant des amendes infligées aux entreprises délinquantes en matière de santé et sécurité au travail.

Elle a aussi travaillé avec les gestionnaires des tanneries (qui la voient maintenant comme une partenaire incontournable) pour inciter les travailleurs à porter des équipements de protection personnelle. «Autrement, ils respirent des produits chimiques toute la journée», explique-t-elle.

La chercheuse admet que tous les problèmes ne sont pas réglés. «C’est une chose de faire changer la loi, c’en est une autre de s’assurer qu’elle est mise en application.» Les travailleurs subiront bientôt des tests de santé pour mesurer l’impact des changements.

Déjà récipiendaire du prix de la meilleure équipe de recherche, décerné par l’université de la Mongolie, Oyuntogos Lkhasuren sera honorée ce soir par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) dans le cadre du Forum, en compagnie de quatre autres femmes d’exception dans le domaine de l’écosanté.

Essay: Why I should have the chance to interview the world’s top experts on health and the environment

very week, my inbox brims with e-mails from Québec, West Africa, and the Maghreb. Almost one year ago, the Institut de l’énergie et de l’environnement de la Francophonie asked me to contribute to Médiaterre, an international Web portal on sustainable development [ www.mediaterre.org ]. This initiative is spearheaded by the Organisation mondiale de la Francophonie and attracts some 8 500 visitors from 108 countries daily. Every week, I write news stories on climate change, water contamination, air pollution, and other environmental issues. And every week, I receive e-mails from readers suggesting topics on which they would like more information.

The same question often arises: what is the impact of a given environmental issue on my health or the health of my family? Readers are concerned with the intimate link that exists between ecosystem and human health. And though the connection is clear, there is little information available to help them better define it.

Taking part in the International EcoHealth Forum next December will give me the opportunity to learn more on the leading research underscoring the linkages between public health, ecosystems, and social and economic conditions. Médiaterre readers would greatly benefit from this information, and the special focus on developing nations will be of particular interest to the vast majority of readers in the francophonie.

The EcoHealth Forum will also provide me with ideas and material for other publications to which I contribute. In fact, as of October, I will be penning a monthly environmental column in Châtelaine – the most widely-read women’s magazine in Québec – and the issues discussed at the Merida conference will probably turn out to be valuable content for future articles on original and relevant topics.

Québec Science, L’actualité, and Protégez-Vous, the other publications for which I write on a regular basis, would also most likely be interested in publishing articles on the links between health and the environment.

Relying on my knowledge of French, English, and Spanish, I hope to make many new contacts in Merida. Through this new network, I will be able to remain abreast of the latest research and information in the environmental health field long after the Forum.