Comment les journalistes africains ont-ils éprouvé la crise d’Ebola?

Les journalistes basés en Afrique ont souffert du manque d’informations crédibles disponibles pendant l’épidémie de virus Ebola en Afrique de l’Ouest en 2014. C’est la conclusion d’un rapport publié aujourd’hui par la Fédération mondiale des journalistes scientifiques (WFSJ), en partenariat avec le Département de journalisme de l’Université Concordia. « Le rapport conclut que de nombreux décès auraient pu être évités si une meilleure communication et un meilleur accès à des informations crédibles avaient été mis en place, » a déclaré Damien Chalaud, directeur exécutif de la WFSJ.

La recherche visait à mieux comprendre les obstacles et facteurs de réussite des journalistes couvrant les situations de crise.* Ces travaux de recherche ont été menés de fin 2015 au début de l’année 2017 dans plusieurs pays africains touchés par la crise du virus Ebola. Ils ont consisté en une enquête qualitative (57 participants), des entrevues qualitatives (33 participants) et un sondage en ligne (133 participants).

Selon les résultats du sondage en ligne, 93% des journalistes interrogés considèrent que l’accès à des informations crédibles lors de crises comme celle du virus Ebola doit être amélioré. « Les journalistes ont clairement identifié les problèmes auxquels il se sont heurtés, comme le manque de collaboration des gouvernements, la difficulté à communiquer avec les experts en santé et l’accès en temps opportun à des informations exactes et centralisées», déclare David Secko, président du Département de journalisme de l’Université Concordia et responsable du Concordia Science Journalism Project.

Pour répondre à ces défis, la WFSJ a organisé 6 ateliers de formation sur les maladies infectieuses dans les pays subsahariens en 2015 et 2016. Plus de 600 candidatures ont été reçues et plus de 100 journalistes de la santé, venant de 21 pays, y ont participé. La formation couvrait tous les aspects scientifiques des épidémies de maladies infectieuses, notamment l’importance de distinguer les sources d’information fiables de celles qui ne le sont pas, la différence entre les vaccins et les médicaments, etc. Au cours de la formation, les journalistes ont fréquemment mentionné la difficulté de communiquer avec des experts en santé locaux indépendants pour vérifier les faits se rapportant à de telles épidémies.

LISEZ LE RAPPORT

Le rapport final est disponible uniquement en anglais


LA HEALTH TOOLBOX

Parce que l’établissement d’une relation de confiance entre journalistes et experts favorise une collaboration efficace, la WFSJ a élaboré la Health Toolbox, une plate-forme interactive sur les maladies infectieuses, qui permet aux journalistes et aux experts locaux d’entrer facilement en contact. Une fois inscrits, les journalistes peuvent effectuer une recherche dans le répertoire et contacter directement les experts par courrier électronique sur la plate-forme, de manière simple, sûre et rapide », déclare Damien Chalaud.

La Health Toolbox dispose d’autres fonctionnalités importantes, notamment un centre de ressources regroupant des informations clés sur les maladies infectieuses comme Ebola, la fièvre jaune, le paludisme, la dengue, la rougeole, le ZIKA, le VIH-sida, la tuberculose, le MERS, la grippe aviaire, les pandémies de grippe et l’hépatite B et C.


LE JEU INTERACTIF 

SciJo, un jeu interactif en ligne, permet aux joueurs d’évaluer leurs compétences de journalistes en matière de santé et de réviser leurs connaissances de base liées aux épidémies.

JOUEZ LE JEU


Le rapport met en évidence d’importantes leçons à tirer et les efforts qu’il faudra déployer dans l’avenir. « Un renforcement des capacités est nécessaire pour améliorer le signalement des épidémies, ainsi que la collaboration en temps réel entre journalistes et experts afin de vérifier les faits, » explique M. Chalaud, « et nous y travaillons. »


INFOGRAPHIQUE AVEC LES FAITS SAILLANTS DU RAPPORT


PARTENAIRE DU PROJET

Ce projet a été financé par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) à Ottawa, Canada.


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