Deux coups de cœur

Les problèmes de santé et d’environnement semblent parfois insurmontables. Heureusement qu’il y a des histoires à succès pour alimenter l’espoir.

Dans la région de Tikamdadh, en Inde, Raghwesh Ranjan et Vijaya Lakshmi, de l’ONG Development Alternatives, se sont attaqués aux problèmes liés à l’industrie du concassage de la pierre, dont le produit sert à la construction des autoroutes. Ces usines à ciel ouvert dégagent des nuages de poussière qui inondent les paysages. La poussière retombe sur les terres agricoles et mine les récoltes. Elles s’infiltrent dans les poumons des travailleurs et des habitants de la région.

«Récupérer la poussière dans des mines à ciel ouvert est loin d’être évident», m’a expliqué Raghwesh Ranjan. Qu’à cela ne tienne. Son équipe a remué ciel et terre pour trouver une solution et convaincre les autorités de l’urgence d’agir. Elle est aujourd’hui en voie d’installer des systèmes d’aspiration en des points stratégiques des mines, couplés à des cyclones qui pourront séparer la poussière fine de l’air ambiant.

La cerise sur le gâteau : la poussière récupérée servira à la production de matériaux de construction.

Mon autre coup de cœur du jour a pour toile de fond l’Afrique du Sud, où l’Apartheid a laissé des cicatrices qui peinent à guérir. Les populations noires ont largement migré vers les villes depuis le début des années 1990. À Msunduzi, dans la province du KwaZulu-Natal, les taudis et zones insalubres ne cessent de s’étendre. Il y a un peu moins de dix ans, l’État a entrepris de construire des maisons à vocation sociale pour déménager ces populations.

Les maisons ? Une chambre, une aire de cuisine, une salle de toilette. Une seule fenêtre. Pas plus. «Dans la grande majorité des cas, les toilettes ne fonctionnent pas à cause de la géologie du terrain», ajoute Trevor Hill, professeur à l’université du KwaZulu-Natal. «Les familles ont converti cette pièce en salle de rangement.»

Trevor Hill a entrepris d’évaluer l’état de santé — diabète, maladies cardiovasculaires, maladies infectieuses, brûlures, malnutrition… la totale — des individus vivant dans ces maisons. Il a comparé les données à celles prélevées auprès des familles vivant dans les taudis. La différence entre les deux groupes ? Aucune ! «Les conditions de vie dans les nouvelles maisons sont pitoyables, dit Trevor Hill. Par exemple, il n’y a aucune ventilation alors que les familles cuisinent à feu ouvert, au kérosène.»

Madeleine Jackson-Plaatjies, employée de la Ville de Msunduzi, appelle ces maisons les «boîtes d’allumettes». «Elles diminuent la qualité de vie plutôt que l’améliorer. En plus, elles sont construites en périphérie de la ville alors que les habitants veulent être près du centre pour trouver du travail.»

Le gouvernement sud-africain a récemment signé l’arrêt de mort de ces «boîtes d’allumettes». Les prochaines maisons à vocation sociale seront plus grandes et plus espacées. «Avec le genre de données qu’on a récoltées, ça met une certaine pression», souligne Trevor Hill.

«La plupart des chercheurs qui visitent les communautés viennent récolter leurs données et repartent, ajoute Madeleine Jackson-Plaatjies. L’équipe de Trevor est restée. Jusqu’à ce qu’on arrive à changer les politiques.»